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Accueil > S'informer > Formes particulières de SLA > SLA juvénile

La sclérose latérale amyotrophique juvénile (SLA juvénile) désigne un ensemble de formes précoces de la maladie de Charcot, dont les symptômes apparaissent entre 3 et 20 ans, avec une moyenne autour de 7 ans. Bien qu’elle relève du même spectre pathologique que la SLA adulte, la SLA juvénile possède des caractéristiques cliniques, génétiques et évolutives qui lui sont propres.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le terme « SLA juvénile » ne désigne pas une entité unique, mais regroupe plusieurs formes héréditaires rares de maladies des motoneurones, dont certaines appartiennent plus généralement au spectre des paraparésies spastiques ou des syndromes neurodégénératifs de l’enfance.

Une atteinte progressive des motoneurones

Comme dans la SLA de l’adulte, la forme juvénile entraîne une dégénérescence progressive des motoneurones centraux (dans le cortex moteur) et périphériques (dans la moelle épinière et le tronc cérébral). Cette double atteinte se manifeste par un mélange de spasticité et d’amyotrophie, mais avec des signes cliniques parfois atypiques chez l’enfant.

Les premiers symptômes incluent souvent :

  • une spasticité faciale, associée à des fasciculations douloureuses,
  • un rire involontaire et incontrôlable (rire spasmodique),
  • une dysarthrie (difficultés à articuler),
  • une dysphagie (difficultés à avaler).

Progressivement, les enfants développent :

  • des troubles de la marche, avec démarche raide ou trébuchante,
  • une faiblesse musculaire distale (mains et pieds),
  • parfois des troubles sensitifs ou vésicaux (plus rares),
  • et, dans certains cas, une atteinte cognitive modérée.

Un diagnostic fondé sur la clinique et la génétique

Le diagnostic de la SLA juvénile repose sur un faisceau d’arguments cliniques, électrophysiologiques et génétiques. L’électroneuromyogramme (ENMG) révèle une dénervation active, témoignant de la perte de motoneurones. On note également une absence de potentiels évoqués moteurs, et parfois une atrophie des faisceaux corticospinaux à l’IRM.

L’identification de mutations génétiques spécifiques permet aujourd’hui de mieux classer ces formes :

  • ALS2 (gène ALS2, chromosome 2q33-q35) : forme récessive typique,
  • SIGMAR1 (chromosome 9p13.3) : associée à une atteinte plus périphérique,
  • FUS (fused in sarcoma) : formes très agressives, parfois sporadiques mais de survenue précoce, et souvent classées comme SLA à début très jeune,
  • SPG11 : mutation responsable d’une paraparésie spastique de type 11, avec atrophie du corps calleux et troubles cognitifs.

Une progression souvent lente, mais très variable

La vitesse de progression de la SLA juvénile est en moyenne plus lente que celle de la forme adulte, ce qui peut laisser aux enfants une meilleure conservation des fonctions motrices pendant plusieurs années. Toutefois, certaines formes génétiques (notamment celles liées au gène FUS) peuvent évoluer rapidement, avec un pronostic sévère.

Un accompagnement sur le long terme

À ce jour, il n’existe pas de traitement curatif pour la SLA juvénile. La prise en charge repose sur une approche pluridisciplinaire, avec pour objectifs :

  • le maintien de l’autonomie motrice grâce à la kinésithérapie et l’ergothérapie,
  • l’adaptation de la communication en cas de dysarthrie évxolutive,
  • la prévention des complications respiratoires ou nutritionnelles,
  • le soutien psychologique de l’enfant et de sa famille.

Le conseil génétique est un pilier essentiel du suivi, permettant d’évaluer le risque familial et d’accompagner les fratries.

Une recherche encore balbutiante, mais prometteuse

La rareté de la SLA juvénile rend difficile la constitution de grandes cohortes de recherche. Toutefois, les découvertes génétiques récentes ont ouvert des pistes thérapeutiques ciblées, en particulier via les oligonucléotides antisens (comme le Tofersen pour SOD1) ou les thérapies géniques en cours de développement pour FUS et ALS2.

Des essais précliniques sur modèles animaux sont en cours, et certaines plateformes comme GENFI (Genetic Frontotemporal Initiative) ou Project MinE commencent à intégrer ces formes juvéniles dans leurs protocoles.