La sclérose latérale amyotrophique (SLA), ou maladie de Charcot, est une maladie complexe qui affecte les neurones moteurs responsables des mouvements volontaires. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’au cœur de cette pathologie se joue un dérèglement beaucoup plus profond, à la croisée de la biologie moléculaire et de la génétique.
Origines génétiques et formes de la maladie de Charcot
Environ 10 % des cas de maladie de Charcot sont d’origine familiale, c’est-à-dire liés à une mutation génétique héréditaire. Les autres cas – dits sporadiques – semblent apparaître sans antécédent connu. Pourtant, les recherches récentes tendent à démontrer que même certaines formes sporadiques pourraient être influencées par une prédisposition génétique, modifiée ou révélée par des facteurs environnementaux.
Les gènes impliqués dans la SLA et leurs mécanismes biologiques
Les découvertes en génétique moléculaire ont profondément transformé notre compréhension de la maladie. On sait désormais que plusieurs gènes sont directement impliqués dans l’apparition ou l’évolution de certaines formes de SLA, avec des mécanismes spécifiques selon le gène en cause. Ces mutations peuvent affecter des fonctions vitales des cellules : la production de protéines, le recyclage des déchets, ou encore la régulation de l’inflammation.
Vers une médecine de précision et des traitements ciblés
Grâce à ces découvertes, la génétique est devenue une clé de voûte dans la recherche de traitements ciblés, ouvrant la voie à une médecine de précision. Le traitement Tofersen, par exemple, a été conçu spécifiquement pour les patients porteurs de la mutation SOD1. D’autres essais cliniques sont en cours pour des formes liées aux gènes FUS, TARDBP ou C9ORF72.
Mais connaître son patrimoine génétique ne s’arrête pas au diagnostic : cela pose des questions éthiques, psychologiques et pratiques pour la personne concernée et sa famille. Les tests génétiques et le conseil associé sont désormais encadrés par des recommandations strictes, et font partie intégrante du parcours de soin dans les cas de maladie de Charcot à suspicion familiale.
Enfin, participer à des cohortes de recherche ou à des études sur données en vie réelle permet de mieux comprendre l’impact des mutations dans la diversité des formes cliniques, et d’accélérer l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques. L’engagement des personnes malades et de leurs proches est aujourd’hui un moteur essentiel du progrès médical.